Sur le Parvis, de Markt !

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Sur le Parvis, de Markt !

Vieux Parvis

SUR LE PARVIS, DE MARKT !

naast de parvis = naast de kwestie
à côté de la place = à côté de la plaque

Le chantier bat son plein
En cette fin-février 2018, au beau milieu du chantier du Parvis, le Collège ne semble toujours pas avoir pris de décision quant à l’organisation du marché après l’achèvement des travaux. Plusieurs réunions ont été organisées entre la Commune et les marchands d’une part, la Commune et les commerçants exploitants des terrasses de l’autre. Non seulement, les jours de marchés seraient diminués (le mardi supprimé) et le marché ne se tiendrait plus sur le grand Parvis, mais sur le petit Parvis (devant l’église) et le carré de Moscou, de l’autre côté du Parvis. D’emblée, l’idée de diviser le marché en deux paraît absurde.

Le nouveau Parvis
Le fascicule « Le nouveau Parvis », édité par la Commune de Saint-Gilles et présentant le nouveau projet à l’occasion du début des travaux était pourtant clair: Il mentionne abondamment le marché et son caractère central et inséparable du Parvis, et le représente en images. Comme le résume bien Patrick Debouverie, Échevin du Développement économique, toujours dans le même fascicule : « La rénovation du Parvis est une belle opportunité pour renforcer l’offre et la mixité du commerce ainsi que du marché, coeur historique de Saint-Gilles »
Il est donc pour le moins étonnant d’entendre qu’aujourd’hui, la Commune semble hésiter à rendre au Parvis son marché alors que l’aménagement de celui-ci a été pensé pour accueillir celui-là. Dans le livre « Saint-Gilles, Huit siècles d’histoire[s] », publié en 2016 par la commune, on lit que … »le marché du Parvis fut créé en 1865 et est un des plus anciens marchés de Bruxelles, et l’un des derniers marchés quotidiens de la région. »… »En 1904, les travaux d’élargissement de la partie basse de la rue Jourdan et la création du grand Parvis permirent l’extension du marché.  »
Initialement, le Parvis fut donc bel et bien créé puis étendu dans le but, notamment, d’accueillir le marché. Pourtant ce marché, patrimoine exceptionnel de Bruxelles, semble aujourd’hui menacé. Pourquoi supprimer un jour de marché par semaine ? Et pourquoi vouloir le déplacer de son Parvis ?

Les Terrasses
Si certains exploitants de bars et restaurants semblent s’organiser en faveur du non-retour du marché sur le Parvis, on pourrait, à première vue, comprendre leur intérêt à protéger l’espace qui accueille leurs terrasses. Pourtant, à mieux y regarder, le marché est organisé de manière à coexister avec celles-ci : il fonctionne en deux saisons hiver / été, la configuration d’été s’adaptant au besoin d’espace des terrasses. Par ailleurs, le Parvis est bien assez grand pour accueillir terrasses et marchands. Comme l’illustre bien la photo du marché du Parvis au début du siècle, l’occupation du Parvis pendant le marché était encore bien plus dense qu’aujourd’hui. Toujours dans « Saint-Gilles, Huit siècles d’histoire[s] », on peut lire qu’à l’époque le nombre de commerçants ambulants était de près de 500 ! Les marchands et habitués du marché savent bien que la densité et la diversité d’un marché renforce la vitalité de ce microcosme.
Militer pour un Parvis sans marché serait donc contre-productif pour les exploitants des bars et restaurants. En réalité, le marché ne génère que des externalités bénéfiques ; Un client de passage chez le marchand de légumes prend un café en terrasse, s’achète une crêpe auprès d’un marchand ambulant; Le visiteur du Parvis ayant rendez-vous avec se belle ou son beau, lui achète un bouquet au marchand de fleurs avant de l’attendre à la table de son restaurant préféré en lisant le journal du libraire du coin.

Séjour et Protection
Le marché, coeur historique de Saint-Gilles, ainsi que ses marchands, ont besoin d’être protégés – d’êtres hébergés – par une place, un bâti structurant. La place publique exerce cette fonction de séjour, au même titre que le séjour dans une habitation. Si l’on prend exemple sur les marchés qui fonctionnent bien à Bruxelles (Place Flagey à Ixelles, Place des Chasseurs Ardennais à Schaerbeek, Place du Mirroir à Jette), le marché s’organise là où se passe la vie en collectivité : sur la place publique, bien encadré par un bâti qui accueille et qui rassure. C’est ce qui manque au Carré de Moscou.

Carré de Moscou: Un hiver déprimant pour le marché du Parvis
Le déplacement lié aux travaux, il y a un an, a été un coup dur pour le marché et ses marchands. Ces derniers le remarquent dans les recettes faites au Carré de Moscou par rapport à celles qu’ils faisaient sur le Parvis. Cette différence est beaucoup plus conséquente en hiver, où suite aux conditions climatiques, le marché a réellement dépéri. Certains jours, il n’y avait qu’un seul marchand, et d’autres jours, carrément personne. Ce qui a rarement été le cas sur le Parvis. Plusieurs marchands, présents sur le Parvis depuis plusieurs années, éprouvent actuellement de lourdes difficultés financières (proche de la faillite pour certains) suite au déplacement. Certains ont carrément décidé de changer de marché. Sur le Carré de Moscou, l’espace est dilaté, mal défini, peu sécurisant. Ici s’élevait jadis l’hôtel des Monnaies, construit peu avant 1880 et démoli vers 1980. À l’époque, la quasi-totalité de l’espace était donc occupée par un bâtiment. Cela explique le statut mal défini de cet espace, vide par défaut. L’avenir du Carré de Moscou n’est d’ailleurs pas clair: sera-t-il construit ? Partiellement construit ? aménagé en place ? en parc ? En tous cas, il n’a pas été conçu pour accueillir un marché. Le Parvis, oui.

Hygiène ?
D’un point de vue pratique, le Carré de Moscou laisse également à désirer. La forte déclivité et le pavement glissant sont difficilement pratiquables pour les personnes à mobilité réduite. Le revêtement est constitué de pavés et de terre, qui devient de la boue à la première pluie venue. Cette boue se retrouve finalement dans les camions de marché et food trucks. Le carré de Moscou est bordé d’un canisite juste à côté de l’emplacement d’un food truck, et d’un autre espace, encore plus grand, servant également de jardin-crottoir pour les chiens. Le Carré de Moscou étant moins pratiqué et moins contrôlé que le Parvis, les déjections canines y jonchent abondament les terre-pleins des arbres. Peu hygiénique. Pourtant c’est ici que la Commune prévoit le marché dégustation du jeudi. Bon appétit !

« Attirer les gens » sur le Carré de Moscou
La Commune, en collaboration avec Charves, la société qui gère le marché, souhaite développer un dispositif supposé rendre plus attractif le carré de Moscou: Une grande tonnelle centrale, des tables, des chaises. Ce dispositif est censé « attirer les gens ». C’est en réalité beaucoup de moyens mis en oeuvre pour une réponse qui nous semble inadaptée à la question. Car pourquoi vouloir attirer du monde sur le Carré de Moscou si d’importants fonds publics ont été investis dans l’aménagement du Parvis ? Sur le Parvis, pas besoin de l’attirer, le monde est déjà là. C’est ici que se font les rencontres, que se vivent les terrasses, que l’on fait son marché. C’est ici que l’on vit en collectivité.

Extension possible
Ponctuellement et en fonction de la saison, le marché du Parvis peut très bien s’étendre vers la rue Jourdan, comme il le fait vers la rue du Fort le samedi. L’extension vers le carré de Moscou est possible aussi, temporairement, comme aujourd’hui pendant les travaux. Mais l’extension naturelle du Parvis est son tracé d’origine : la rue Jourdan. Car historiquement, le Parvis est né à la croisée des chemins, au lieu-dit du « petit Parvis », devant l’église. Par la suite, une percée a été réalisée dans les anciens îlots, élargissant la rue Jourdan et créant le « grand Parvis ». Nous sommes convaincus que le Parvis est le centre de gravité du marché. C’est ici qu’il doit être placé. Et à partir d’ici, au besoin, s’étendre en direction de la rue Jourdan.

Conclusion: Sur le Parvis, de Markt !
Le Parvis de Saint-Gilles est un lieu convivial et populaire qui attire beaucoup de monde. Son marché en est le coeur historique, il en est inséparable. Si le marché était déplacé de son centre de gravité, son équilibre délicat serait perturbé et il serait mis en danger, comme il l’a été lors de son déplacement pendant les travaux. Un déplacement au profit des commerçants et de leurs terrasses serait une privatisation de fait de l’espace public. La privatisation d’un espace à vocation publique au sortir d’un chantier onéreux payé par le contribuable !
À l’approche de la fin des travaux, le nouveau Parvis est bientôt prêt à accueillir de manière optimale le retour du marché. Habitants et marchands de Saint-Gilles et des environs, manifestons-nous pour que le marché du Parvis, patrimoine unique à Bruxelles, continue à exister, au quotidien, comme il l’a fait depuis 1865 et sans doute bien avant.
Sur le Parvis, de Markt !

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1 commentaire pour l’instant

NicolevancutsemPublié le9:16 - févr. 20, 2018

Le marché doit rester sur le Parvis

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